Anti Chenille : luttez efficacement contre les Chenilles processionnaires

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Présentation générale

La chenille processionnaire était autrefois confinée à des zones spécifiques. Avant les années 1990, la Loire constituait en quelque sorte la frontière Nord du territoire de la chenille processionnaire. Les années favorables, elle gagnait quelques kilomètres, qu’elle perdait ensuite lors d’hivers plus rigoureux. Mais à partir de cette décennie, le changement climatique a commencé à faire sentir ses effets. Ainsi, dans le Bassin parisien, la température moyenne minimale d’octobre à mars a augmenté d’environ 1°C en vingt ans. Il est très courant d’apercevoir des cocons de chenilles processionnaires dans le département du 44.

La zone favorable au développement de la chenille a commencé à s’étendre. Autre facteur clé permettant l’expansion de la processionnaire : sa nourriture préférée, les pins et cèdres sont présents dans tout le territoire, que ce soit sous forme de petites plantations ou d’arbres isolés.

Durant des années, la processionnaire était pour les scientifiques une extraordinaire sentinelle climatique : son expansion révélait très nettement la modification progressive des températures. Ce n’est plus le cas : « aujourd’hui, c’est la majeure partie du territoire français qui, du point de vue des températures, est favorable à la chenille. Si elle n’a pas encore tout envahi, c’est parce que son expansion naturelle est plus lente que le changement climatique », constate Alain Roques, directeur de l’unité de recherche Zoologie forestière.

La chenille est aujourd’hui présente sur la majeure partie du territoire. Elle reste cependant absente dans les zones montagneuses, mais les scientifiques estiment que la chenille va peu à peu coloniser les montagnes à une vitesse de 7 mètres par an.

La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa. Le papillon qui est la forme « adulte » de la chenille, éclos durant l’été entre juin et septembre selon le climat.

La femelle papillon recherche un pin et dans une moindre mesure un cèdre pour y pondre ses oeufs. Les oeufs sont déposés en rangées parallèles par paquets de 150 à 320 sur les rameaux ou les aiguilles de pin.

Les papillons sont nocturnes et ne vivent généralement pas plus d’une nuit. Le papillon est gris avec des motifs noirs et des taches blanchâtres. Le mâle papillon peut voler jusqu’à 50 km et 3 à 4 km seulement pour une femelle.

L’éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte. Elle donne naissance à des chenilles qui muent trois fois avant l’hiver à des dates variant selon la région probablement liées à l’humidité, à la température ainsi qu’à l’amplitude thermique. Les pics de température (chaud ou froid) peuvent stopper provisoirement l’alimentation de la chenille. Les jeunes chenilles tissent des prénids où elles passent la journée. Les larves commencent à manger le limbe des aiguilles de pin. Ces premiers abris légers peuvent passer inaperçus. Attention, une touffe d’aiguilles qui jaunit en est la principale manifestation. Dès que la zone autour de leur abri n’offre plus assez de nourriture, les chenilles émigrent plus haut dans l’arbre et reforment un nouveau nid. C’est ainsi que par de belles journées ensoleillées, on peut les voir en procession sur le tronc ou les branches d’un pin. Elles vivent en colonies de plusieurs centaines de chenilles.

A ce stade, elles ne sont pas encore urticantes.

Au quatrième stade larvaire, elles forment un nid volumineux d’hiver définitif, construit côté sud pour profiter des rayons du soleil. Au printemps, les chenilles en procession quittent l’arbre pour aller s’enfouir dans le sol à quelques centimètres sous terre (5 à 20 cm) dans un endroit bien ensoleillé. Les processions peuvent se déplacer jusqu’à 40 m.

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Les processionnaires du pin sont brunes avec des taches orangées. Recouverte de poils, leur pouvoir urticant provient d’une fine poussière qui se détache de plaques situées sur le dos et la partie postérieure de la chenille.

Quels problèmes posent-ils ?

Tout d’abord, elles affaiblissent les arbres dont elles consomment les aiguilles et surtout, leurs longs poils soyeux, munis de crochets à venin, provoquent au moindre contact démangeaisons et brûlures, certainement pires que celles des orties. Les réactions allergiques ne sont pas rares : œdème, asthme. Le danger est d’autant plus insidieux que les poils se décrochent aisément et peuvent être dispersés par le vent. Un individu est capable de dégager 600 000 poils urticants en cas de danger. Même les animaux ne sont pas à l’abri et il faut impérativement anticiper le vent pour éviter tout contact.

Les chenilles affaiblissent aussi les arbres où sont installés leurs nids. Une population importante de chenille peut engendrer la mort de toute une population d’arbres. Il ne faut donc pas les négliger.

De plus, la chenille processionnaire présente une importante propagation qui est inquiétante, car elle risque d’envahir tout le territoire si aucune mesure n’est prise. En effet, l’évolution du climat amène la chenille à se propager partout en France jusque dans les montagnes. Au vu des risques qu’elle présente en termes de risques sanitaires comme en termes de dangers pour les arbres, on peut considérer cette espèce comme nuisible.

Les moyens de lutte

Les moyens de luttes contre la chenille sont divers et varient au cours de l’année.

De septembre à octobre, il est possible de pulvériser par atomiseur du Bacilius thuregiensis (bactérie biologique + mouillant) qui agit sur les 2 premiers stades des larves. C’est une méthode favorisée sur les grandes surfaces ou les surfaces très contaminées. Il faut faire attention aux doses à pulvériser, car les fabricants ont tendance à avoir la main lourde sur les préconisations. Il faut cependant bien connaître le cycle des chenilles localement pour un traitement efficace.

De septembre à janvier, il est possible d’utiliser l’échenillage mécanique des prénids ou des nids d’hiver. Ce traitement est facile à mettre en place pour éradiquer le problème, mais présente des risques de contacts avec les chenilles. La technique est difficile à mettre en place si les nids sont peu accessibles ou les arbres trop grands. Attention au vent qui peut transporter les poils urticants. Il est préférable de faire appel à un professionnel pour exterminer les nids, pour éviter tout accident.

De novembre à avril, on peut placer des écopièges qui sont écologiques, mais il faut les placer avant que les chenilles n’aient quitté le nid. Il permet d’éviter que les chenilles n’aillent au sol et ne soient en contact avec les gens ou les animaux. Il capte les chenilles au stade chrysalide et peut être réutilisable. Cependant, il faut malgré cela détruire les cocons quand cela est possible.

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De juin à août, on peut se servir des pièges à phéromones qui attirent jusqu’à 40% des mâles de la zone. Il doit être couplé avec l’écopiège. Il faut environ 6 pièges à l’hectare et 2 sur une zone isolée.

Il faut aussi favoriser la présence de mésanges et de chauve-souris qui sont des prédateurs efficaces et naturels.

Autre moyen chimique utilisable :

  • Appliquer un traitement avec un insecticide de la famille des benzoylurées : le diflubenzuron.
  • Agit par ingestion, perturbe le processus de mue sans arrêter l’alimentation.
  • Agit par contact, non sélectif, à employer en période hivernale (stades L3 et plus). A réserver aux interventions de faible ampleur ou de rattrapage éventuel.